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L’hypersensibilité et moi

Je suis hypersensible et pourtant, je ne connaissais absolument pas ce terme avant l’année précédente.

Comment définir l’hypersensibilité ?

La sensibilité

Déjà, la sensibilité, c’est quoi ? Commençons par les bases. Larousse définit la sensibilité comme une :

Aptitude à réagir plus ou moins vivement à quelque chose.

Aptitude à s’émouvoir, à éprouver des sentiments d’humanité, de compassion, de tendresse pour autrui.

Larousse

Et l’hypersensibilité, ce serait une :

Sensibilité exagérée ou extrême.

Larousse

Mais concrètement, comment définir une échelle de sensibilité ? Comment définir que telle sensibilité est extrême et une autre non ? D’après Saverio Tomasella (Hypersensibles : Trop sensibles pour être heureux), cela dépend de beaucoup de choses : de critères personnels, de critères socioculturels, d’une époque à une autre, d’une personne à une autre… Sacré bordel, non ?

Concrètement, on va juste dire « qu’être hypersensible, c’est la capacité a ressentir les choses plus vivement que les autres » (pour reprendre la définition de Emy LTR).


Comment j’ai découvert mon hypersensibilité ?

C’est arrivé sans que je m’y attende. Une amie m’a prêté une formidable BD « Tant pis pour l’amour » sur les pervers narcissiques et l’auteure (Sophie Lambda) évoque un passage sur l’hypersensibilité… qui a curieusement fait écho en moi. Une fois la BD terminée, j’ai été faire quelques recherches et beaucoup de choses se sont éclairées… Ouais, j’ai compris beaucoup de mes comportement qui m’étaient incompréhensibles : pourquoi j’étais plus perméable aux émotions ? Pourquoi je n’arrive pas à me retenir de pleurer quand je suis triste ? Pourquoi je n’aime pas être touchée ?

Sophie Lambda : Tant pis pour l’amour


Qu’est-ce que l’hypersensibilité ?

La résonance

Il y a une image que Saverio Tomasella utilise pour définir l’HS que je trouve très juste.

L’hypersensibilité repose fondamentalement sur un phénomène d’amplification ou, pour le dire de façon plus imagée, de « caisse de résonance ». Les ressentis (sensations, émotions, sentiments) vécus dans telle situation sont nourris et agrandis à l’intérieur de la personne, comme par un écho interne qui enfle et s’autoentretient »

Saverio Tomasella — Hypersensibles : Trop sensibles pour être heureux

Une autre image que je trouve intéressant, c’est celle des émotions qui correspondent à un bouton pour régler le volume. Pour une personne hypersensible, c’est comme si ce bouton était toujours tournée au max. C’est plus clair ?

Les critiques et la culpabilité lancinante

Ah, la culpabilité… C’est vraiment quelque chose qui régit une grosse partie de ma vie. Je pourrais dire que je me sens coupable pour quelque chose quasiment tous les jours et c’est très fatigant. Très fatigant, car dans la majorité des cas, je n’ai blessé personne (psychologiquement ou physiquement parlant). Non, c’est juste moi qui ait l’impression d’avoir mal agit, même si au contraire, j’ai eu un comportement exemplaire. Et j’ai tendance à ressasser cette situation, parfois pendant plusieurs jours en envisageant la situation sous tous ses angles possible. J’ai comme un nœud à l’estomac qui me bouffe mes journées. Mais à force, je commence à trouver de petites techniques pour stopper cette culpabilité : je soupire à haute voix, râle ou fais un léger bruit qui me tire de mes pensées.

Une personne très sensible est attentive à ce que l’autre vit. Elle s’identifie rapidement à autrui et éprouve facilement ce qu’il traverse (joie ou souffrance).

Saverio Tomasella — Hypersensibles : Trop sensibles pour être heureux


Extravertie ou introvertie ?

J’ai toujours senti que j’étais différence, en décalage avec les autres. Ma personnalité : tantôt extravertie, tantôt introvertie peut étonner celleux qui ne me connaissent pas. Je passe très vite d’un côté comme d’un autre.

Sophie Lambda : Tant pis pour l’amour

J’ai toujours pensé que cette particularité avait été causée par le divorce de mes parents (et c’est peut-être le cas, qu’en sais-je ?). C’est ma mère qui nous a élevés, moi et mes frères et elle a toujours voulu avoir des enfants parfaits. Alors je faisais en sorte de me fondre dans le moule qu’elle voulait : j’étais sage, je parlais bien, je ne faisais pas de bêtise, je la laissais m’habiller en petite fille sage, j’étais timide, introvertie, invisible. Mon père, qui avait ma garde pendant l’intégralité des vacances scolaires désirait l’exact opposé, alors je devenais extravertie : à toujours dire des bêtises, faire des blagues, à m’habiller en garçon manqué, à me faire remarquer. Je faisais la transition vers l’une ou l’autre de mes personnalités en fonction de mes parents et détails amusant, j’avais même remarqué qu’il me fallait 30 min pour devenir l’une ou l’autre de mes facettes.

Aujourd’hui, mes différentes personnalités cohabitent naturellement, mais les autres peuvent avoir du mal à me cerner Haha. Je vis très bien cette différence, mais plus jeune c’était vraiment compliqué voir carrément imbuvable, car à l’école, il fallait être comme tout le monde au risque de se faire lyncher. Il faut être sacrément résilient pour traverser cette étape.

Les personne hypersensibles craignent d’être mal vues, mal considérées, mal acceptées. Dans tous les cas, les êtres vraiment sensibles sont en recherche de sincérité.

Saverio Tomasella – Hypersensibles : Trop sensibles pour être heureux


Quels sont les manifestations physique de l’hypersensibilité ?

Le toucher

L’hypersensibilité peut se traduire par des manifestations physiques : une HS aux sons, à la lumière, au toucher, etc. Et le toucher… alala, je m’y connait Haha.

Oui, je déteste être touchée par des personnes qui n’entrent pas dans le cadre de relation très très très proche (autrement dit : relation amoureuse). J’ai toujours détesté le contact physique, que je trouve inconfortable et qui me rends particulièrement mal à l’aise. Ma mère a toujours déploré cette particularité chez moi, mais n’a jamais modéré ses contacts. Au contraire, elle espérait que je changerai, mais j’avais beau me forcer à rester immobile, sa main posée sur mon épaule me rendait terriblement mal à l’aise et je finissais par m’esquiver. Aujourd’hui, je comprends mieux cette «« bizarrerie1 »» et je suis plutôt soulagée d’avoir une raison à ça. Je m’en fiche un peu de ne pas aimer les contacts physiques (surtout en période de covid) !

1 Je mets « bizarrerie » entre guillemets, car je ne me considère pas comme bizarre. Je suis comme ça et c’est tout.

La lumière & les sons

Il y a des choses très contradictoire. Si je suis capable de travaille toute la journée en écoutant la même musique en boucle ou en écoutant de la musique sans aucune interruption, je suis capable de ne plus supporter certains sons particuliers à d’autres.

J’ai remarqué que les bruits de couverts (sur un certain type d’assiette) sont intolérables pour moi. Les personnes qui s’amusent à racler leur bol de soupe avec leur cuillère par exemple… je grince des dents, je lutte pour faire bonne figure alors que j’ai juste envie de leur enfoncer leur couvert jusqu’à l’intestin grêle. Mes oreilles sont comme douloureuses à ce moment là.

J’ai ce même type de problème avec la lumière. Parfois je la tolère, d’autre fois je dois m’esquiver. Avant, j’étais perdue quand cette hypersensibilité apparaissait, maintenant je n’hésite pas à dire à la personne « ah désolée, je ne supporte pas telle chose » et je quitte la pièce.

Vous accepteriez de vous faire torturer pour faire bonne figure ?

Sophie Lambda : Tant pis pour l’amour


Quels sont les côtés positifs ?

Je n’ai absolument aucune problème avec mon hypersensibilité. Déjà, je vis dans un environnement très agréable avec une personne très compréhensible qui fait attention à moi. C’est très con à dire, mais toutes les relations humaines devraient être ainsi : communication et compréhension mutuelle.

La compréhension

Une fois que j’ai découvert et compris mon hypersensibilité, j’ai beaucoup mieux vécu ce trait de caractère. Car en tant que personne HS, j’ai besoin de me protéger de certains comportements toxiques que peuvent avoir les autres et qui résonnent directement en moi.

Avant, quand quelqu’un se mettait en colère (pas contre moi), j’avais tendance à prendre sa colère pour moi et à croire que je me faisais engueuler. Je finissais toujours par être énervée. Maintenant, quand mon copain (je prends cet exemple) s’énerve à côté de moi, je suis obligée de me répéter que ce n’est pas contre moi. Cette technique permet de mettre de la distance entre ce qu’il resent et ce que je ressens. Et si sa colère est trop intense, qu’elle n’est pas dirigée contre moi, que je n’arrive pas à m’en protéger, à garder les propres limites de mon corps : je quitte simplement la pièce.

Les émotions positives

S’il y a bien une chose que je ne donnerai pour rien au monde, c’est l’expression de mon bonheur. Si mon bouton de volume d’émotion est toujours tourné à fond, est-ce que vous imaginez à quel point je peux être heureuse ? Eh oui, quand je suis heureuse, je suis plus heureuse qu’une personne non HP. Quand quelque chose me fait rire, j’ai tendance à éclater d’un rire si franc que les premières fois, mon copain a cru que je me forçais à rire. Et les émotions positives… c’est juste gé-nial !

L’inverse est vrai aussi : la douleur et la tristesse sont plus intenses de mon côté et je dois faire attention à ne pas me laisser sombrer.

La sexualité

Eh oui, là aussi, l’hypersensiblité se fait sentir. Comme j’ai tendance à beaucoup plus ressentir les choses que les autres, l’excitation et les sensations sont plus fortes, mais ça ne fonctionne que si je suis bien dans ma relation amoureuse. Et ça, c’est juste le pied !

Les larmes

J’accepte plus facilement mes larmes. Je sais que je pleure facilement. J’en ai besoin, ça me fait du bien, mais avant j’avais honte de ces larmes. Car quand on est adulte, on ne pleure pas. Car pleurer, c’est être faible. Car pleurer, c’est être considéré comme un. e pignou ou pignouse. Alors déjà, si vous dispensez ce genre préceptes à celleux qui pleurent : allez bien vous faire foutre. Cordialement. (J’ai vouvoyé pour être polie).

Assumer ses pleurs, parait qu’c’est ça grandir

La vraie vie — Bigflo et Oli

Pleurer, c’est un signe de courage. Oui, oui, c’est signe de courage, car il faut être sacrément courageux pour dévoiler sa vulnérabilité. On m’a toujours dit que pleurer était une faiblesse, mais je n’ai jamais, jamais réussi à empêcher mes larmes de couler. Mon père a beau eu essayer (quand j’étais jeune) de m’engueuler jusqu’à me faire peur, mais jamais je n’ai réussi à les stopper.

Et à force de te faire traiter de sous merde quand tu pleures, tu finis par te dire que t’es vraiment trop sensible pour ce monde, qu’on ne vit pas dans un monde de bisounours. NON ! Personne n’est trop sensible pour ce monde, c’est juste ce monde qui est trop déconnecté des émotions pour les comprendre. Alors maintenant, je le prends comme un signe de courage et je ne suis pas la seule à le penser. La première personne qui n’a pas vu mes larmes comme de la faiblesse a été une de mes collègues de travail et bordel, ce que ça m’a fait du bien ce jour-là, de ne plus avoir honte à chaque larme versée.

Sophie Lambda : Tant pis pour l’amour


Des ressources :

Définition Larousse : https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/sensibilit%C3%A9/72107

Définition Larousse : https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/hypersensibilit%c3%a9/41086

Hypersensibles : Trop sensibles pour être heureux – Saverio Tomasella

L’hypersensibilité : le pouvoir des super héros. — https://youtu.be/RARrtuckUzQ

Sophie Lambda : Tant pis pour l’amour.

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