Le lapin & la sorcière

Dans une garenne située au cœur d’une prairie, existait un lapin à la fourrure immaculée. Il était le plus blanc, le plus petit et le plus faible de tous ses camarades. Sa fourrure était trop claire pour lui permettre de se cacher parmi les herbes vertes ; son corps trop mince pour être endurant ; ses pattes trop frêles pour le propulser aussi vite que les autres. Lotus devait rester avec les lapins les moins dégourdis et attendre que leurs sentinelles aient bravé le danger de la prairie pour assurer leur sécurité. Il les admirait, ces lapins-protecteurs aux poils marrons, capables de se fondre près de chaque tronc d’arbre et arbuste. Leurs corps étaient massifs et musclés si bien qu’en un clin d’œil, ils avaient traversé toute la prairie pour se mettre hors de portée des ennemis. Quant à leur courage, il était sans limite ; prêts à défendre au prix de leur vie celle du plus faible. Oh oui, que ce lapin blanc les admirait, rêvant de leur prouver qu’il était lui aussi, assez courageux pour intégrer ce groupe.

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Le lapin et la bête

Sous un ciel constamment grisâtre existait un lapin guère plus coloré. Fils d’une famille de 12 lapins, aucunes de ses sœurs ou frères ne s’était intéressé à lui. Ou bien était-ce lui qui ne s’était pas intéressé à eux. Et dans sa garenne, cela avait été identique. Aucun des lagomorphes n’arrivait à le sortir de sa morbide torpeur. Du haut de son terrier, il attendait. Quoi ? Personne ne le savait et personne n’avait essayé de le questionner. Alors un triste matin où le Soleil peinait à percer l’épaisse couche de nuages, le lapin prit sa décision. Serrant les dents, le lapin bondit à travers son terrier. Il traversa les champs contigus en quelques nuits, arrivant à l’orée de la forêt. Les senteurs diverses embaumaient les abords, laissant deviner différentes délicieuses plantes à portée de pattes. Mais le lapin n’avait d’yeux que pour le loup solitaire dont les oreilles dépassaient des entrailles d’une biche. Carrant les épaules, il s’approcha de cette gueule ouverte, offrant sa triste vie à ce terrible chasseur. Mais le loup, les babines barbouillées, grogna :

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